MESURE
DU TEMPS
L'angoisse
du temps qui passe trouve-t-elle un viatique, se dilue-t-elle dans le souci
d'une mesure de plus en plus fine de la durée? Notre enquète va couvrir en
quelques lignes cinq mille ans d'histoire.
Les
pyramides babyloniennes, aussi appelées "ziggourats", auraient permis
d'observer les astres et d'établir un premier calendrier. Aux environs de 1500
avant J.-C., les Egyptiens ont mis au point le gnomon,

un simple bâton planté en terre qui permet
d'évaluer l'heure en fonction de l'ombre qu'il projette. Le gnomon constitue
l'ancêtre du cadran solaire.

Les Egyptiens ont aussi inventé la clepsydre,

sorte d'horloge à eau toujours utilisée au
Moyen-Age et à la Renaissance, notamment par Galilée pour effectuer ses mesures
de vitesse de mobiles.
Le
sablier date aussi de cette époque.

Jules
César a inventé le calendrier qui porte son nom, le calendrier julien,

par l'introduction des années bissextiles.
Mais en 1582, le pape Grégoire XIII met au point/invente le calendrier
grégorien

- ça ne s'invente pas -; c'est le calendrier
que nous utilisons encore aujourd'hui.
Au
XVIè siècle apparaît la montre mécanique, avec le physicien Huygens.

Mais la première montre individuelle
vraiment fiable à la seconde près sera la H-1 créée par le charpentier John
Harrison en 1785.
Les horloges placées au sommet des églises et
des beffrois deviennent des carillons qui rythment la vie sociale jusqu'à la
première révolution industrielle. Beaucoup plus près de nous, la montre à
quartz a considérablement augmenté la précision de la mesure du temps avec ses
cent mille vibrations par seconde. Mais ce n'est rien à côté de la précision
fournie par une horloge atomique. L'étalon de mesure du temps est actuellement
fourni par l'atome de césium 133.
Pour
atteindre une précision de l'ordre de la picoseconde dans la mesure du temps,
il a fallu redéfinir ce qu'est l'unité de temps conventionnelle: la seconde.
Auparavant, la seconde était la 86400ème partie du jour. Aujourd'hui, c'est la
durée de 9192631770 périodes de radiation correspondant à la transition entre
les deux niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133.
Quant à l'unité de longueur, le mètre, elle dépend de cette unité de temps: elle
est la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une
durée de 1/299792458ème de seconde. Ces définitions ont peut-être l'air bien
compliquées mais elles font référence à quelque chose de simple: la fréquence.
La fréquence, c'est le nombre de vibrations par unité de temps dans un
phénomène périodique, qui se répète régulièrement. Les 9192631770 périodes de
radiation représentent 9192631770 vibrations pendant une seconde.
On
fera remarquer qu'il fallait savoir ce que valait 1" avant de pouvoir la
faire correspondre à ces 9192631770 vibrations!
En
effet, on est parti de la 86400ème partie du jour, et on a remarqué que cela
correspondait aux 9192631770 périodes de radiation. L'intérêt de cette nouvelle
façon de mesurer la seconde, c'est qu'elle est très stable, beaucoup plus
stable que ce qu'indiquaient les horloges jusque là.
Mais
le point essentiel de ce chapitre est la notion de "temps de Planck",
soit une limite absolue dans la possibilité de diviser le temps. Résultat d'une
formule dans laquelle interviennent les trois constantes fondamentales de la
physique, G, h et c, le temps de Planck signifie que l'on ne peut diviser le
temps au-delà de 10-43s.
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